Fête de l’Humanité 2018 : débats, solidarités et émotions !

ACCUEIL / Actualités / Dossiers thématiques / Fête de l’Humanité 2018 : débats, solidarités et émotions !

Fête de l’Humanité 2018 : débats, solidarités et émotions !


Le week-end des 14, 15 et 16 septembre derniers, la Fédération CGT Commerce et Services a, une nouvelle fois, participé à la Fête de l’Humanité. Pendant trois jours, le stand de la Fédération a été rythmé par la musique, les mojitos et les débats ! Retours sur les quatre grands débats du week-end…

Quel avenir pour l’aide à domicile ?

C’était le thème du premier débat. Il réunissait les fédérations CGT des organismes sociaux, des services publics et du commerce et services. Pour Denis LALYS, Delphine DEPAY et Béatrice BELL, représentants respectifs de ces 3 fédérations, le constat est commun : en France, le vieillissement de la population entraîne une explosion des besoins en matière de maintien et d’aide à l’autonomie.

Selon les projections de l’Insee, la population des plus de 75 ans devrait doubler, en nombre et en proportion, d’ici à 2050 (de 8% à près de 16%, soit 11 millions de personnes). Malgré les enjeux liés à la prise en charge de l’aide à l’autonomie, les politiques publiques, pourtant toujours affichées comme ambitieuses, ne sont guère efficaces. Les différentes mesures adoptées depuis les années 2000 ressemblent plus à des « mesurettes » qu’à une réforme capable d’assurer une véritable réponse aux attentes des publics concernés, des 8 millions d’aidants familiaux et de centaines de milliers de salarié.e.s.

Une bonne occasion pour les 3 fédérations de rappeler leur attachement à notre système de protection sociale solidaire qui permet à chacun de « cotiser selon ses moyens et de recevoir selon ses besoins ». La question de la résistance face aux attaques dont font l’objet services publics et Sécurité Sociale a été au coeur du débat, avec là aussi une réponse unanime de nos 3 organisations : amplifions le rapport de force !

Denis LALYS, secrétaire général de la fédération des organismes sociaux, a également rappelé le montant colossal de la fraude fiscale qui permettrait de financer très largement notre système de protection sociale.

Sur le plan des conditions de travail des salarié.e.s de l’aide à domicile, les représentants des fédérations ont également tiré la sonnette d’alarme. Un récent rapport de la DARES pointe une très forte dégradation de l’état de santé des salarié.e.s, très majoritairement des femmes. Une situation intolérable pour des salarié.e.s qui répondent pourtant à des besoins fondamentaux et qui permettent l’aide et le maintien à domicile de millions de personnes.

Public, privé, associatif, les difficultés sont les mêmes dans tous les secteurs dans la mesure où la logique financière a pris le pas sur la dimension humaine et sociétale de l’aide à l’autonomie. A l’approche des premières discussions sur la perte d’autonomie sous le règne d’Emmanuel MACRON, de bonnes raisons de se serrer les coudes entre fédérations et salarié.e.s !

Les nouvelles technologies

Le débat sur les nouvelles technologies s’est déroulé le samedi 15 septembre, en fin de matinée.

Ce thème, qui n’a jamais cessé d’être d’actualité, a été aminé par Elhadji NIANG (secrétaire fédéral) qui avait pour invités : Noël LECHAT (Bureaux d’études), Lynda ZARIF (DSC McDonald’s et membre de la CEF), Loïc ROLDAN (salarié McDonald’s et membre de la CEF), Béatrice CLAIS (salariée Carrefour) et Khaled BOUCHARA (salarié d’Amazon).

Noël LECHAT a fait part de son expérience sur l’apparition des nouvelles technologies, il a notamment développé sur les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), qui possèdent d’innombrables données et pèsent des milliards d’euros. Il a évoqué l’apparition des nouvelles technologies sous plusieurs formes, telles que les smartphones, les tablettes, etc.

Khaled BOUCHARA a témoigné de ce que vivent les salariés aujourd’hui dans les grands entrepôts d’Amazon. Il nous a expliqué que de plus en plus les salariés sont considérés comme des robots, dans la mesure où ils sont équipés de casques ou d’oreillettes et sont téléguidés par des ordinateurs qui leur indiquent les rayons des produits à ranger ou à extraire. Il nous a informé que ces pratiques ont des conséquences directes tant les messages de téléguidage raisonnent dans la tête des salariés, y compris lorsqu’ils sont au repos chez eux. La productivité est la principale préoccupation d’Amazon, même si c’est au détriment de la santé des salariés.

Concernant les salariés de McDonald’s, l’accent a été mis sur la cadence de travail et le remplacement de l’être humain par des machines. Lynda et Loïc soulèvent que ce remplacement, qui devrait soulager les travailleurs, ne poursuit qu’un objectif de rentabilité. Il est d’ailleurs constaté que la charge de travail augmente avec les nouvelles machines.

Quant à Béatrice, salariée de Carrefour, elle a pointé du doigt l’installation des caisses automatiques dans les hypermarchés. Elle fait le constat de la disparation progressive des hôtesses de caisse.

Elhadji, qui est dans la branche prévention sécurité, nous dévoile les ambitions du secteur concernant les nouvelles technologies. Il note le développement des vidéosurveillances, des télésurveillances, mais aussi - et c’est plus inquiétant - le projet d’utilisation de drones pour surveiller certains sites.

Loin d’avoir tout évoqué lors de ce débat, il a été rappelé que les nouvelles technologies doivent être à la disposition des hommes et non l’inverse.

Convergence de luttes

Animé par Brigitte COUDERC, ce débat a réuni : Barbara FILHOL (EHPAD Publics Val-de-Marne), Mathieu BOLLE-REDDAT (Syndicat Cheminots de Versailles), Cédric LIECHTI (Energie 75) et Soumaya RZALA (Commerce Toulouse).

Ce débat fait partie intégrante des préoccupations et des priorités de notre Fédération depuis plusieurs années. Nous considérons que la convergence des luttes est une nécessité afin de construire un rapport de force incontournable face aux attaques violentes contre le monde du travail. MEDEF et Gouvernement sont organisés pour détruire le Code du Travail et les conquis sociaux obtenus par le CNR (Comité National de la Résistance).

Comment la CGT peut-elle riposter pour peser sur les choix politiques des défenseurs du capital ? De quelle organisation de lutte avonsnous besoin ? Partant de la longue mobilisation des cheminots, la réflexion a porté sur l’intérêt d’unir nos forces pour se faire entendre et respecter.

Les cheminots sont allés à la rencontre des autres syndicats d’autres professions, leur mobilisation a été visible et les solidarités créées ont permis d’organiser des point de lutte dans les enseignes de nos secteurs, comme à Carrefour Market ou Monoprix.

Les camarades de l’énergie, dont la lutte concomitante avec celle des cheminots a été délibérément occultée par la presse, a été très importante, les actions sur les sites ont été nombreuses et les coupures de courant très appréciées, notamment dans les centres commerciaux.

La situation dans les EHPAD est catastrophique, tant pour le personnel que les patients. La souffrance au travail y est très prégnante et un grand besoin de lutte collective se fait sentir.

Dans la ville de Toulouse, la dynamique de la lutte en interprofessionnel est très présente. Visible, elle permet une réciprocité dans la solidarité. Le lien entre les professions et le commerce renforce les revendications de chacun.

Les bases de la convergence des luttes sont posées et s’expriment à travers tous ces exemples. Mais cela ne suffit pas. Le débat doit continuer et la mise en oeuvre de la construction du rapport de force passe par une politique volontariste.

Tout au long de ce débat, la convergence des luttes est largement évoquée et considérée comme étant un moyen de lutte indispensable pour être efficace et, non seulement pour contrer le recul social, mais aussi pour obtenir de nouvelles avancées. Une solidarité s’est exprimée au-delà des revendications spécifiques de chacun, la volonté d’unir nos forces dans l’action a été largement partagée et permet d’être confiant pour les luttes à venir.

Solidarité internationale

Dimanche 16 septembre a eu lieu le débat sur le thème de la solidarité internationale, animé par Amel KETFI et Charles DASSONVILLE, avec pour invités à la table ronde : Vanessa CACCERINI (Secrétaire fédérale du syndicat Filcams Cgil Nazionale en Italie), Flora PAVANELLI (déléguée syndicale Leroy Merlin Milan), Vasiliki MOUKANOU (membre du Bureau FSM en France) et Christoforos GIAKOUMELOS (conseiller de la FSM).

Nous avons entendu la situation des camarades italiennes, sur la situation politique actuelle plus que difficile selon Vanessa CACCERINI et le rôle du syndicat Filcams Cgil, avec ce nouveau gouvernement très libéral et plutôt nationaliste.

Notre camarade Flora PAVANELLI nous a fait part de ses problèmes quant à l’utilisation de coopératives chez Leroy Merlin. Ces coopératives ne sont que des viviers de salariés plus que précaires, sans contrat réel, sans papiers pour certains, où il règne une omerta laissant penser à de l’esclavagisme moderne.

Christoforos GIAKOUMELOS nous a quant à lui fait un rappel sur le bien-fondé du mouvement de classe. « Lorsque l’internationalisme est lié à la lutte des classes et à la solidarité, cela devient l’arme la plus puissante pour que personne ne se sente seul devant l’agressivité impérialiste et les guerres déclenchées par les capitalistes pour distribuer les marchés et les voies énergétiques. »

Cela n’a fait que renforcer notre volonté d’un syndicalisme solidaire et fraternel. Il est plus qu’important que nous soyons solidaires sur un front commun de classe pour combattre ces politiques austères.

Durant ce débat, les camarades de la Fédération Commerce et Services ont eu le grand honneur de recevoir à leur tribune Ahed TAMIMI, adolescente palestinienne, qui agit contre l’occupation des territoires palestiniens et qui a été condamnée à huit mois de prison ferme par la justice israélienne. Elle a été libérée le 29 juillet dernier. C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons partagé avec elle un moment intense de témoignage de notre admiration pour son courage et sa détermination à défendre ses valeurs. Ahed TAMIMI a évoqué le quotidien des enfants palestiniens. Elle est devenue une icône de la résistance palestinienne contre l’occupation et l’apartheid israélien dans les territoires palestiniens.

Top