2016, une année de luttes

ACCUEIL / actualité / Dossiers thématiques / 2016, une année de luttes

2016, une année de luttes


L’année 2016 fût une année mouvementée pour la Fédération CGT Commerce et Services. De nombreuses luttes ont été menées au niveau local, mais aussi au niveau national. Zoom sur nos principaux combats de l’année.

Hôtel Carlton inter-continental de Cannes

Le 2 décembre 2015, 120 salariés de l’Hôtel Carlton Inter-Continental de Cannes ont exprimé leur mécontentement. L’hôtel de luxe est actuellement en travaux, pour une durée d’au moins quatre ans, avec la fermeture de certaines parties. Le groupe Katara Hospitality, employeur des salariés du Carlton, refusait d’inclure un volet relatif à l’impact du chantier de rénovation sur l’emploi, dans le cadre de la négociation GPEC. C’est cela, ainsi que la pression constante subit par les travailleurs, qui a poussé les employés du Carlton à faire grève. aujourd’hui, la situation n’a pas évolué et les salariés envisagent de recontacter l’Inspection du Travail. Cependant, le fait que le Carlton soit en travaux freine les démarches de l’administration.

Centre commercial de la Part Dieu

Le 24 décembre 2015, une cinquantaine de salariés du centre commercial de la part-Dieu à Lyon (69) se sont mis en grève. Plusieurs raisons ont poussé ces employés à se mobiliser : des conditions de travail de plus en plus difficiles, l’obligation de payer le parking au même tarif que les clients du centre, l’absence d’une structure de garde pour les enfants des salariés et l’absence de structure de restauration collective. après cette contestation, la Direction de l’enseigne Carrefour a accepté de recevoir les camarades. Cependant, cela s’est conclu par le refus de la Direction d’assumer sa responsabilité, mettant en avant son statut de bailleur. Face à cette situation sans issue, les salariés du centre commercial sont entrés dans le Collectif part-Dieu, composé de personnes vivant et/ou travaillant dans le quartier. Ce Collectif travaille actuellement, avec la municipalité, à une restructuration totale du quartier. Encore à l’état de plans, le nouveau quartier prévoit un agrandissement de la gare, la transformation du centre commercial et la mise en place de structures telles qu’un restaurant d’entreprise et une crèche. attendons donc la finalisation des plans du nouveau quartier Part-Dieu pour voir si les structures proposées sont satisfaisantes !

Restauration rapide : McDonald’s, KFC, Quick-Burger King, Domino’s, etc.

Depuis janvier 2016, une lutte mondiale est en cours pour les salariés de la restauration rapide. Les revendications principales sont l’amélioration des conditions de travail, l’augmentation des salaires, notamment avec le mouvement « Fight for $15 » démarré aux Etats-Unis, et l’arrêt de la répression syndicale. par ailleurs, les pratiques fiscales anticoncurrentielles de McDonald’s et des entreprises similaires sont dénoncées. après plus d’un an de lutte avec dépôt de plainte, pétition et une journée internationale de lutte suivie par 300 villes dans le monde, le 14 avril dernier, les négociations sont toujours en cours avec le géant du burger. pour l’instant, le FISC français a réclamé à McDonald’s un redressement fiscal à hauteur de 300 millions d’euros. De plus, le mouvement « Fight for $15 » a partiellement gagné, puisque la moitié des états des Etats-Unis a instauré ce salaire horaire minimum en 2016. Cependant, les conditions de travail des salariés restent médiocres, alors ne lâchons rien. La lutte continue !

Galeries Lafayette

Le 18 décembre 2015, 900 salariés des Galeries Lafayette ont fait grève. plusieurs revendications motivaient cette action : la détérioration des conditions de travail, le manque d’effectif et l’accord d’une prime de 1000€ aux seuls employés du magasin Haussmann, à paris. Outre les conditions de travail très difficiles que subissent les employés des Galeries, c’est surtout la différence faite entre les salariés du magasin Haussmann et les salariés des autres magasins qui a été dénoncée. En effet, les salariés des Galeries Lafayette en province sont considérés par la Direction comme des salariés de seconde zone. En plus de la grève, une pétition pour rétablir l’égalité au sein de l’entreprise a été transmise à la Direction.

Loi travail

La principale lutte de l’année passée est, sans conteste, la lutte pour le retrait de la Loi Travail. Tout débute le 17 février 2016, lors de la présentation de l’avant-projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri à la presse. Ce dernier proposait, entre autres, un large assouplissement des 35 heures, du licenciement économique et l’inversion des normes. après de virulentes contestations, qui ont mené plus de 500 000 personnes dans la rue le 9 mars, le gouvernement choisit de corriger le texte et de repousser d’une semaine la parution de sa nouvelle proposition. Le 14 mars, le nouveau projet est dévoilé à la presse. Le principal changement est le fait que le plafonnement des indemnités prud’homales ne soit plus qu’indicatif. mais c’est très loin d’être satisfaisant. C’est pourquoi, à l’initiative des organisations syndicales de la jeunesse, 150 000 personnes se retrouvent dans la rue le 17 mars. Une semaine après, le texte est présenté au Conseil des ministres. Parallèlement, la mobilisation atteint 47 600 personnes manifestant partout en France. Le 31 mars, c’est 1,2 million de personnes qui sont dans les rues de 250 villes françaises. Ce jour-là voit aussi la naissance du mouvement « Nuit Debout », contestant le pouvoir politique et la gestion économique en général, débuté en France mais rapidement exporté à l’international. Après d’autres journées de mobilisations nationales et intersyndicales, les syndicats prennent la parole en public le 3 mai, jour de la présentation du texte à l’assemblée Nationale, pour demander le retrait du projet de loi. Mais le gouvernement n’y entend rien et persiste dans sa volonté d’ignorer le peuple. Le 14 juin, la contestation est à son apogée, avec plus d’1,3 million de personnes dans la rue. Mais cela ne freine pas le gouvernement, qui attendra le milieu de l’été pour passer la loi en force, à coup de 49-3. Pourtant, dès la rentrée la lutte reprend avec une dernière journée de mobilisation nationale, le 15 septembre, réunissant plus de 170 000 personnes. Au final, sur les 34 mesures annoncées, seulement 5 ont été abandonnées et 4 modifiées. Mais ce déni total de la démocratie ne nous arrêtera pas ! En effet, depuis l’adoption de la loi, le mouvement « La Loi Travail ne passera pas dans ma boîte » prend de l’ampleur.

Amazon

Depuis avril 2016, la CGT se bat contre la répression syndicale exercée par Amazon. En effet, Alain Jeault, délégué syndical central, a d’abord été menacé de licenciement pour avoir parlé à un journaliste des conditions de travail dans les entrepôts. Puis, accompagné de deux autres camarades, il a été assigné en justice par la Direction pour le blocage du site de Douai. Pour les soutenir, plusieurs actions ont eu lieu, et notamment un rassemblement devant le tribunal lors du premier procès. A ce jour, nous attendons la date du procès en appel. mais cela n’a pas freiné la répression syndicale du géant américain, puisque des avertissements ont été reçus par une vingtaine d’autres employés. Pour autant, la CGT Amazon continue la lutte sur d’autres sujets tels que la reclassification des contrats de caristes ou l’amélioration des conditions de travail. Et c’est bien cela qui gêne les dirigeants : la CGT fait trop de bruit ! D’ailleurs, depuis le coup d’éclat de cette affaire, de plus en plus de salariés prennent conscience du poids de leur parole. Les rangs de la CGT chez Amazon ont grossi de près de 200 syndiqués supplémentaires en un an. Nous apportons tout notre soutien aux trois camarades poursuivis !

Hôtellerie – Restauration du bassin cannois

Au milieu de l’année dernière, une lutte est née pour dénoncer la précarisation des emplois au sein des hôtels et restaurants de luxe du bassin cannois. En effet, ces établissements utilisent les contrats précaires de manière complètement abusive. Les employés ont donc fait entendre leur voix grâce à un rassemblement et à une distribution de tracts, notamment pendant le festival de Cannes. A ce jour, peu de choses ont évolué, excepté le fait que l’Hôtel Majestic ait voté un droit d’alerte. pour les autres établissements, dont l’Hôtel Carlton, la situation semble bloquée par le manque de volonté d’agir de la part de l’administration. Le combat ne s’arrête pas !

Fnac et Darty

Depuis le rachat de Darty par le groupe Fnac, en juillet 2016, les conséquences du regroupement de ces enseignes sur les salariés restent floues. C’est pourquoi des négociations intersyndicales ont été amorcées avec la Direction. En effet, suite au rachat, la Direction a exprimé sa volonté de faire des économies, et notamment sur le capital humain de la société. 130 millions d’économies sont prévus par le groupe. pour ce faire, un premier plan de sauvegarde de l’emploi sera mis en place à partir de mars 2017. Des centaines de licenciements sont en jeu, la lutte promet donc de s’intensifier dans les mois à venir.

Travailleurs saisonniers

Du 4 au 29 juillet 2016 a eu lieu la 6e campagne d’information en direction des travailleurs saisonniers. Pour cette occasion, six caravanes ont fait le tour de la France et 83 initiatives ont été organisées. L’objectif était d’informer les travailleurs saisonniers sur leurs droits et de revendiquer un statut de travailleur saisonnier. En effet, les saisonniers sont souvent mal protégés, car ils passent d’une entreprise à l’autre régulièrement, et ils méconnaissent, en général, leurs droits. Cette campagne a, une fois de plus, été un succès. Les caravanes seront de nouveau déployées l’été prochain.

Auchan Tourcoing

Le 9 juillet 2016, une caissière d’Auchan à Tourcoing (59) a été licenciée pour une erreur de caisse de 85 centimes. La CGT s’est tout de suite mobilisée pour soutenir la salariée et demander sa réintégration. La Direction l’accusait d’avoir fraudé consciemment, alors que l’écart était dû au vol d’une boîte de sauce tomate par un client. Grâce à la mobilisation, la caissière a été réintégrée à son poste d’origine.

Match Strasbourg

Le 21 août 2016, une mobilisation devant le magasin Match de Strasbourg a eu lieu pour protester contre les ouvertures dominicales. En effet, depuis la mise en place d’un arrêté municipal autorisant l’ouverture des commerces de proximité le dimanche, le magasin a pris certaines libertés. L’arrêté stipule que seuls les commerces de proximité faisant moins de 1000m² sont autorisés à ouvrir le dimanche. Il n’inclut donc pas les hyper ou supermarchés. Pour contourner la règle, la Direction de Match réduit la superficie du magasin le dimanche, grâce à une limite sur le sol. La DIRECCTE (Direction régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) a assigné l’entreprise à fermer le dimanche matin, mais la Direction continue d’ouvrir sous prétexte d’une faille dans l’arrêté municipal. Les employés continuent donc à lutter contre la Direction et son hypocrisie.

Seris Security Gien, prestataire pour le site de production Pierre-Fabre

Le 22 août dernier, 7 agents de sécurité de Seris Security, basés sur le site de production Pierre-Fabre à Gien, ont fait grève. Celle-ci a été motivée par plusieurs revendications : la revalorisation des salaires, l’amélioration des conditions de travail, la suspension de la procédure de licenciement d’un agent de sécurité et le retrait de la sanction disciplinaire prise à l’égard du délégué CGT. a l’issue de la grève, les agents ont pu rencontrer les représentants de la Direction nationale de Pierre-Fabre pour négocier autour de ces points.

Babou Bagnolet

En octobre 2016, 18 des 19 salariés du magasin Babou de Bagnolet (93) ont fait grève pendant 24 jours consécutifs. Cela a d’abord été motivé par le licenciement d’un employé, mais aussi par la volonté d’ouvrir les négociations sur les conditions de travail et sur le respect du versement des salaires. Au final, grâce à la détermination des salariés, toutes leurs revendications ont été acceptées par la Direction, à l’exception de la réintégration du salarié licencié. Félicitations à ces camarades qui n’ont rien lâché !

Branche Prévention-Sécurité

A la fin de l’année 2016, la Branche Prévention-Sécurité a fait connaître la revendication d’une hausse générale des salaires de 10%. Plusieurs mobilisations nationales et intersyndicales ont été organisées. La plus marquante fut celle du 2 novembre, avec plus de 2000 agents de sécurité manifestant dans 6 villes. Au 1er janvier 2017, la grille de salaires de la Branche a été revalorisée de 1,5%. C’est un début, mais c’est très loin du compte… La lutte des salariés de la prévention et de la sécurité continue !

Supermarchés Casino Sainte-Anne, Valmante et Port-Saint-Louis-du-Rhône

En décembre 2016, plusieurs actions ont eu lieu dans des supermarchés Casino des Bouches-du-Rhône (13). Trois magasins sont concernés : ceux de Sainte-Anne et Valmante, à Marseille, et celui de Port-Saint-Louis-du-Rhône. A Sainte-Anne, un débrayage a eu lieu le 23 décembre entre 11 heures et midi. L’objectif était d’alerter sur le manque de personnel et les mauvaises conditions de travail. A Valmante, un rassemblement devant le magasin, avec distribution de tracts, a été organisé le 23 décembre, pour s’opposer à l’ouverture dominicale. Enfin, à Port-Saint-Louis, la Direction a été alertée par les salariés, le 28 décembre, sur le manque de personnel et la dégradation des conditions de travail. Ces mobilisations, quasiment simultanées, dans trois magasins différents du groupe doivent nous alerter sur la détérioration du climat social chez Casino. D’autres mobilisations sont probablement à venir.

Top